TOURISME, DES EMPLOIS POUR LA STABILITE

Depuis quelques années le tourisme est en crise dans de nombreux pays d’Afrique, notamment dans la zone ouest-africaine. Si le secteur y est aujourd’hui si fragile la condition sécuritaire et l’image générale qui s’en dégage est une des causes principales. L’accroissement de la délinquance qui choque et attriste dans des régions inaccoutumées, ainsi que des actes terroristes qui augmentent, démotivent des voyageurs à visiter ces terroirs.

De nombreux autres handicaps freinent le développement du tourisme, mais ce dernier reste néanmoins un secteur qui regorge de potentialités importantes pour l’économie de nos pays. Cependant, considéré très souvent comme une activité marginale par les pouvoirs publics, le tourisme ne bénéficie pas du soutien nécessaire qui pourrait lui permettre de contribuer à améliorer la conjoncture socio-économique.

Pourtant le cas du Niger a démontré que le tourisme pouvait être un des moteurs du développement du pays. Associé à l’artisanat ces deux domaines ont représenté jusqu’à 30 % du PIB, employant et faisant vivre des centaines de milliers de nigériens. En 2006, avant le déclin du secteur, les seules arrivées de touristes comptabilisées à l’aéroport international d’Agadez (environ 5 000 passagers) auraient rapporté plus de 7 milliards de F CFA à l’économie de la région (source ANT).

Ses effets sont multiples, tant sur l’économie locale que sur l’environnement et la qualité de vie. Le tourisme reste pour les économies des pays émergents ou en développement une source exceptionnelle de devises, stimule les investissements, donne une impulsion aux évolutions sociales, contribue à la stabilité et au bien être des populations.

Avec plus d’un milliard de touristes internationaux à travers le monde, à une époque qui connait de nombreux foyers de tension, le tourisme non seulement contribue à rapprocher les hommes de cultures ou d’horizons différents, à favoriser la compréhension de l’autre et la tolérance, mais contribue également à l’économie mondiale et à la prospérité.

Dans l’environnement actuel, le développement du tourisme serait une riche contribution pour la création d’emplois en Afrique de l’ouest et pour améliorer les conditions de vie des populations, qui profiteraient de nombreuses retombées économiques directes ou indirectes. Une dynamique qui contribuerait grandement à lutter contre l’accroissement de la délinquance et de la violence, tant les communautés qui en bénéficieraient sont liées de près ou de loin aux personnes qui dégradent la situation sécuritaire localement.

Le tourisme en Afrique de l’ouest a longtemps été un secteur développé par des autochtones et enrichit par des visiteurs d’autres continents. Aujourd’hui de nouvelles catégories socioprofessionnelles, en Afrique et issues des diasporas, émergent avec une aisance financière et un intérêt pour les richesses du continent. Ces nouvelles cibles de visiteurs permettent de croire au développement du tourisme et contribueraient grandement à la création d’emplois et à la stabilité.

Le développement du tourisme contribue aussi d’une manière active à la conservation et à la sécurité en “occupant” des zones sensibles ou fragiles. Le braconnage en est réduit dans ces aires et la faune s’accroit. L’expérience réussie du programme de protection des girafes au Niger, impliquant les populations qui partagent les mêmes espaces, a permis de générer des ressources, d’améliorer les conditions de vie des populations et de modifier le regard porté sur la faune et la flore.

Conscients de l’impact du tourisme sur la préservation de la biodiversité et de la culture, les Etats membres de l’organisation des Nations Unies ont déclaré l’année 2017 « Année internationale du tourisme durable pour le développement ».

Par ailleurs, le développement du tourisme contribuerait à lutter contre la migration à destination de la Libye et l’Europe, dangereuse pour les personnes concernées, qui traversent un désert plus fort que l’homme ainsi que des régions en conflit. Le tourisme permettrait la création de nombreux emplois, d’offrir des possibilités de reconvention pour les autochtones travaillant autour des activités liées à la migration.

Depuis plusieurs années les populations de la région d’Agadez, de nombreux leaders, des chefs traditionnels ou des élus n’ont eu de cesse de solliciter médias, partenaires et administrations pour un retour des activités touristiques dans la région, espoir de jours meilleurs. C’est pourquoi le festival « le Chant des dunes » compte inviter des artistes originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’ouest et d’Europe, afin de donner de la visibilité à l’événement et de motiver les diasporas africaines à visiter l’Afrique en toute sécurité, ce qui contribuerait grandement à la création d’emplois.

Convaincus également de l’importance du développement du tourisme pour le Niger et la sous-région, pour la stabilité et le développement économique, renforcé par la dynamique et les besoins exprimés localement, plusieurs partenaires du Niger souhaitent soutenir et appuyer notre initiative pour promouvoir une relance des activités touristiques dans la région d’Agadez.