Située au centre du Niger la ville d’Agadez qui a de tout temps été un important carrefour économique et culturel du Sahel et du Sahara, est un des principaux traits d’union entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb. Inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2013, le centre historique d’Agadez est aussi le siège des sultans de l’Aïr.

La dimension médiatique exceptionnelle d’Agadez s’est construite au fil des siècles grâce à la magie de son histoire. A l’instar de Tombouctou au Mali les nombreux explorateurs et aventuriers qui visitaient l’Afrique pointaient sur leurs cartes cette ville mythique. Les caravanes sillonnant le désert, reliant les régions et les hommes, ont contribué à inspirer au sein des populations autochtones une culture de l’hospitalité, un esprit de partage et de tolérance extraordinaire.

Agadez est la capitale d’une région aux attraits touristiques exceptionnels. L’Aïr, étendu sur 300 km du nord au sud et 200 km d’est en ouest, est un ensemble de hauts massifs cristallins et volcaniques qui dépassent souvent 1000 m d’altitude, avec en point culminant le massif du Gréboun à 2310 m. La vie étonnante des hommes et de la biodiversité dans cet environnement très varié et aride pourrait suffire à émerveiller, mais l’Aïr abrite également des sites extraordinaires, cascades, grottes, ruines, gravures rupestres ou vestiges du passé.

Sur la bordure orientale de l’Aïr des dunes imposantes s’appuient sur les montagnes, rivalisant de hauteur avec leurs sommets. C’est ici dans ce décor inqualifiable que commence le Ténéré, « le désert des déserts », grand comme le Maroc ou deux fois le Sénégal. Le long de l’Aïr se trouve également les sites les plus précieux pour le Niger, pour son rayonnement et le développement du tourisme. La magie et la notoriété de ce désert n’est comparable à aucun autre dans le monde.

Aux confins du Niger, à l’extrémité du Ténéré du côté du levant, la falaise du Kawar s’allonge au milieu du Sahara avec à son nord le Plateau du Djado. Dans ce paysage magique, probablement l’un des plus beaux du Niger, de nombreux monuments et vestiges historiques illustrent un passé riche et important. Autour de grandes palmeraies, le sel y est exploité de manière traditionnelle depuis des siècles. Cette activité est à l’origine du développement de « la caravane du sel » qui perdure entre l’Aïr, le Kawar et le nord du Nigéria. Un commerce séculaire autour du sel et des dattes qui a contribué à rapprocher les peuples et les régions que traversent des caravanes de centaines de chameaux.

Sur de très nombreux sites de la région d’Agadez, l’histoire se dévoile depuis l’époque des dinosaures il y a plus de 100 millions d’années. Des pétroglyphes datés de 6 à 8 000 ans avant notre ère, des céramiques parmi les plus anciennes au monde, des outils préhistoriques, des coquillages et fossiles de poissons vieux de plusieurs millions d’années, au milieu du désert, attestent de la présence de mers et de lacs, il y a très longtemps.

La diversité culturelle, les liens sociaux et la coexistence exemplaire entre les kel tamasheks, les toubous, les peuls Wodaabe, les arabes ou haussas ont façonné la vie d’Agadez et de sa région. En plus d’être une richesse et un levier pour le développement, elle a également grandement contribué à la cohésion nationale du Niger.

La région a longtemps fait la renommée du pays au plan international. Les sites touristiques attiraient alors des visiteurs venant de toutes les régions du monde, offrant aussi de très nombreux débouchés aux artisans dont l’activité représentait alors un quart du PIB du Niger.

Les conflits récents dans plusieurs pays voisins et une réputation exagérée de l’insécurité dans la région d’Agadez ont anéanti les activités touristiques. Depuis quelques années la région d’Agadez est surtout sujette au développement d’une délinquance liée à la pauvreté, qui reste en termes de statistiques inférieure a beaucoup d’autres régions du Niger ou pays touristiques dans le monde. L’artisanat qui dépend beaucoup de la conjoncture touristique se maintient quand à lui modestement.

L’accroissement rapide de la population, l’augmentation des flux de migrations passant par Agadez, le manque d’emplois et de moyens pour accompagner une jeunesse fragile constituent des problématiques liées qui nécessitent une attention particulière, et de veiller à renforcer les échanges afin de consolider la quiétude sociale. A travers plusieurs stratégies le Niger et ses institutions ont opté depuis de nombreuses années pour une solution globale touchant à la fois les aspects sécuritaires et économiques pour asseoir la stabilité et préserver la paix.

Soucieux du devenir de leur région, des dangers que font peser le chômage des jeunes, l’évolution de la délinquance, les conflits dans les pays voisins, l’afflux de migrants internationaux, etc. de nombreux leaders et les populations locales n’ont eu de cesse de rappeler combien le retour du tourisme pourrait atténuer leurs effets néfastes. Relevant cela le Gouvernement du Niger s’inscrit actuellement dans une démarche en ce sens.

La région d’Agadez recèle de ressources touristiques uniques et offre un panel de possibilités de développement extraordinaires. Cette région qui a depuis longtemps démontré sa capacité exceptionnelle à développer une image positive du Niger à l’international, doit être accompagnée pour permettre de relancer le tourisme, un secteur qui favorisera de nombreuses retombées économiques plus importantes pour l’ensemble du pays.

De plus la situation sous régionale impose de favoriser le rapprochement et la compréhension entre les peuples. A Agadez où toutes les communautés du Sahara et du Sahel se croisent l’opportunité est donnée pour développer le bon vivre ensemble et inspirer les hommes. Le Niger doit servir d’exemple pour de nombreux pays en Afrique dont différentes communautés se déchirent, perturbant et retardant leur émergence.